Les théories démographiques dans l’Antiquité grecque

par Joseph Moreau  Du même auteur

Résumé

Si l’étude méthodique de la population est l’objet d’une science toute récente, on ne saurait oublier toutefois que les Grecs, à qui aucune des questions qui se posent à l’esprit humain n’est restée étrangère, se sont intéressés aux problèmes de la démographie. Platon et Aristote, dans leurs écrits politiques, se sont demandé quel était le niveau optimum de la population d’une cité, et ils ont envisagé les moyens de le réaliser ou de le maintenir. Leurs conceptions en ce domaine ne sauraient certes être appréciées sainement sans tenir compte de la situation historique et de l’aspect des problèmes qui se posaient de leur temps; mais si, malgré cela, elles ne pouvaient être disculpées d’étroitesse, cette étude comportera du moins un avertissement : c’est qu’en matière sociale la connaissance ne saurait se borner à un rôle technique, celui de résoudre les problèmes tels qu’ils se posent à l’opinion et de fournir à la volonté politique des -moyens de réaliser ses desseins; elle a pour tâche primordiale d’éclairer l’opinion et la volonté publiques, de mettre en lumière les problèmes et de contribuer à les poser correctement.