Les diables de Malthus. Remarques sur les aspects démographiques de la théorie de l’emploi

par G. Ardant  Du même auteur

Résumé

Devant les souffrances du monde économique qui s’édifiait dans le Royaume-Uni après la défaite de Napoléon., Malthus s’aperçut que les hommes n’étaient pas seulement menacés par le génie de l’espèce. Un autre démon, celui de la sous-consommation et du chômage lui parut également redoutable. Dans quelle mesure l’action de ce deuxième diable malthusien peut-elle être renforcée ou contrariée par les mouvements de population? C’est le problème des relations entre les phénomènes démographiques et économiques. Implicitement contenues dans la « Théorie générale », certaines réponses ont été explicitées par Keynes ou par des auteurs qui ont développé ses principes. Des critiques leur ont été adressées, une controverse s’est engagée dont il ne paraît pas inutile de retracer quelques traits. Sur le plan scientifique, il peut en résulter une incitation à des recherches de caractère historique, statistique ou purement théorique : il serait souhaitable que cet approfondissement de la théorie de l’emploi dans le domaine démographique s’étendit également dans d’autres directions, que l’auteur s’est contenté de mentionner, afin de souligner l’intérêt des rapprochements qui pourraient être tentés. Les développements de Keynes ou de Hansen, et l’article lui-même, visent surtout un des aspects de l’économie démographique, les relations entre les mouvements de population d’une part, l’investissement et l’équilibre économique d’autre part. L’auteur de l’article, Gabriel Ardant, a écrit récemment un livre très apprécié : « Problèmes financiers contemporains ». Cherchant dans cet ouvrage les données durables, sinon permanentes, des problèmes financiers français, découvrant derrière les aspects techniques de ces problèmes les réalités économiques et sociales qui les expliquent, ce financier clairvoyant a su donner une place importante aux phénomènes démographiques. Egalement manifeste dans cet article, cet élargissement des préoccupations de l’économiste et du financier fait heureusement novation.