Les excédents démographiques de l’agriculture méditerranéenne. Italie et Espagne

par René Dumont  Du même auteur

Résumé

Entre l’agriculture et la population ont toujours existé des liens étroits, mais dont la nature a évolué avec le temps et la technique. Les populations primitives soumises à la fécondité naturelle ont généralement souffert du manque de subsistances et aussi de sous-activité. Contrairement à des préjugés communs, le chômage, dans son sens le plus général, est un fléau propre à l’économie agricole plus qu’à l’économie industrielle. La plupart des pays sans industrie souffrent d’une surpopulation au moins momentanée. Le développement de l’industrie s’est du reste révélé le plus souvent favorable à celui de l’agriculture. Déjà en 1725, Usteritz combattait en Espagne l’argument classique du manque de bras, invoqué par les adversaires des manufactures. Depuis cette date, le retard relatif de l’Espagne sur les autres pays n’a pas été comblé. Le développement de la technique n’a pas été favorable à ces régions sèches. L’Italie méridionale offre des problèmes analogues : c’est en Italie du reste, chez Botero notamment, qu’ont pris naissance les premières doctrines opposées au populationnisme. Ces deux pays ont été visités récemment et étudiés (1) par le Professeur René Dumont, dont les travaux font autorité, grâce notamment à leur contact étroit et permanent avec les faits. La réponse pessimiste, donnée sous l’entière responsabilité de l’auteur (principalement pour les solutions proposées), déborde le cadre de ces régions défavorisées; elle intéresse également tous ceux qui s’efforcent de prévoir les événements et, si possible, de les prévenir, au lieu d’en attendre passivement le déroulement. Du reste, ainsi qu’il a déjà été signalé dans Population (n° 3, 1951 : La situation démographique), une baisse importante de natalité est en cours dans l’Europe méditerranéenne.