Langage et population. Une forme de malthusianisme

par Alfred Sauvy  Du même auteur

Résumé

Entre la linguistique et la population existent des relations de deux sortes : La science de la population, ou démographie, fait appel à des notions nouvelles qui doivent pouvoir s’exprimer correctement; d’où une question de terminologie. D’autre part, l’évolution d’une population peut exercer une action sur sa langue et, plus généralement, les phénomènes démographiques peuvent contribuer à la formation ou déformation d’une langue, ainsi qu’à sa diffusion ou à la restriction de son domaine. Chacun de ces deux aspects bien différents va être évoqué dans cet article, des faits ressortissant au premier suggérant quelques principes intéressant le second. En particulier, la perte de vitalité d’une population se traduit par une atrophie de l’esprit de création, qui se manifeste dans la langue par un conservatisme rigoriste; celui-ci freine les nécessaires adaptations et entraîne, par contrecoup, des apports indésirables.