La répartition des dépenses de la population française en fonction de ses besoins

par Jean Bénard  Du même auteur

Résumé

Poursuivant ses recherches sur les besoins de la population française, dont il a donné un résumé dans un récent numéro de cette revue, M. J. Bénard présente ici un travail quelque peu différent. Il s’agit d’une ventilation des dépenses nationales de 1950, d’après les besoins qu’elles étaient censées satisfaire au moins partiellement. Ont été comptabilisées, aussi bien les dépenses des particuliers en biens et services achetés sur le marché, que celles engagées par le Secteur Public soit pour des tâches concurrentes de celles assumées par l’économie productive (enseignement, transports), soit pour ses missions régaliennes traditionnelles (administration générale, forces armées). Il apparaît ainsi qu’en 1950, 36,1 % des dépenses de consommation civile sont allés à l’alimentation, 15,7 % à l’habillement. Phénomène plus frappant et plus inquiétant, 8,8 % de ces dépenses sont absorbés par les boissons alcoolisées (y compris la consommation sur place dans les débits), contre 2,8 % seulement au logement, 5,7 % à la santé et 4,2 % à l’enseignement. L’investissement brut en construction et entretien des logements absorbe moins de 15 % et celui consacré à la santé et à l’enseignement 1 % de l’investissement brut total. Les sommes ainsi affectées à l’équipement sanitaire et scolaire étaient, dès cette époque, sept fois plus faibles que celles, pourtant bien inférieures à ce qu’elles sont aujourd’hui, absorbées par l’armement. Une telle étude, minutieusement établie, permettra d’aller plus avant dans la voie de l’investigation de la consommation, et donnera, dans l’immédiat, matière à d’utiles réflexions.