La maladie, le malade et le médecin : esquisse d’une analyse psychosociale

par Jean Stoetzel  Du même auteur

Résumé

La démographie a consacré beaucoup d’attention à la natalité et à la mortalité. Cette préférence s’explique par la rigueur (non totale mais très grande) que présente la définition de ces deux phénomènes. Ils peuvent se prêter à des analyses statistiques très poussées, parfois même en dehors des facteurs de causalité. A la limite extrême, la science des ensembles renouvelés se ramène à une analyse purement mathématique, dès que les hypothèses de base (qui peuvent être purement conventionnelles) ont été adoptées. Cette spécialisation de la démographie, facilitée par l’existence de très bonnes statistiques en certains pays, ne peut cependant être poussée trop loin, sans de sérieux inconvénients. Même la démographie la plus « pure » ne saurait ignorer le contexte social. Depuis une vingtaine d’années, une attention plus grande a été consacrée aux mariages, ne serait-ce que dans l’étude de la fécondité. Mais la nuptialité elle-même est, du moins dans certains pays, soumise à une définition juridique qui facilite l’établissement et le maniement de statistiques. Il n’en est pas de même de la morbidité. Dès l’abord, le statisticien se heurte à une question de définition et souvent à un large arbitraire. Malgré cette difficulté, les recherches s’orientent dans cette voie, comme l’a montré le congrès de 1959 de l’Union internationale pour l’Étude scientifique de la population à Vienne. L’étude sociologique du phénomène est évidemment essentielle pour éclairer l’investigation statistique. M. Jean Stoetzel, professeur de psychologie sociale à la Sorbonne, qui a consacré un cours aux problèmes du malade dans la société, développe ici des considérations d’un grand intérêt, sur certains aspects de ce phénomène.