Évolution récente de la fécondité des mariages dans les pays occidentaux

par Jean-Noël Biraben  Du même auteur

Résumé

La fécondité des populations occidentales a, depuis une vingtaine d’années, commandé une révision complète des concepts anté- D’une part, en effet, cette fécondité a évolué d’une façon différente de celle qui était le plus généralement prévue. Longtemps à peu près limitée à la France, la baisse de la fécondité s’était généralisée de 1875 à la première guerre, s’était poursuivie après celle-ci, accélérée même sous l’effet de la grande dépression économique. Ce recul, qu’on pouvait déjà qualifier de séculaire, a fait place à une tendance plus favorable pendant et après la seconde guerre. D’autre part, les méthodes de mesure qui s’étaient imposées entre les deux guerres et qui, par l’introduction du facteur âge (fécondité par âge), avaient donné pour principaux instruments de mesure les taux de reproduction et les taux de Lotka ont été reconnus insuffisants. Comme les populations européennes se trouvaient assez près de l’équilibre démographique, défini par le remplacement intégral d’une génération par la suivante, des instruments de mesure plus précis devenaient nécessaires. En outre, il a été reconnu que les taux cités ci-dessus ne conviennent pas à des populations qui ont subi des variations en sens contraire et des perturbations accidentelles. Dans l’optique nouvelle, on attache plus d’importance qu’avant la guerre à la nuptialité, facteur intermédiaire, et à la fécondité des mariages. C’est cette fécondité des mariages que M. Louis Henry a étudiée spécialement, par la méthode des « probabilités d’agrandissement » et que le Dr. J.N. Biraben observe, dans cet article, pour analyser l’évolution des dernières années en divers pays et dégager les tendances nouvelles.