Image de la population active en 1975 selon le niveau de qualification

par Jean Fourastié  Du même auteur

Résumé

De tous les progrès accomplis dans le monde depuis trente ans, le plus important peut-être, est celui fait par la prévision. Elle est partie, il est vrai, presque du néant. Vers 1930, la prévision démographique la plus simple restait encore très discutée, même des spécialistes. Au lendemain de la guerre, les premières prévisions sur la population d’âge scolaire ont, malgré leur simplicité, leur sûreté et leur réalisme, choqué bien des esprits et n’ont pu réussir à vaincre l’inertie des pouvoirs publics devant la grande montée des besoins qui commençait. Les progrès considérables faits depuis cette date dans la prévision sont d’ordre spirituel, plus encore que technique. Les calculs concernant les effectifs scolaires, qui ne relèvent que de calculs fort simples d’extrapolation ou de vieillissement, sont aujourd’hui de règle, dans les divers enseignements. A peine la méthode était-elle entrée dans les habitudes et les nécessités que l’indispensable liaison de l’enseignement avec l’économie a imposé une optique nouvelle : il y a quelques années, a été tentée par la Svimez, à la demande du Ministère de l’Éducation nationale de l’Italie, une prévision générale de la population active en 1975, selon les divers degrés de qualification, d’où était déduite une prévision des hommes à former, en vue des divers diplômes. Déjà intéressante par ses résultats, cette étude d’avant-garde l’était plus encore par ses méthodes et par les perspectives qu’elle ouvrait. Depuis ce moment, des efforts ont été tentés en France dans cette direction. Dans ce même numéro, est analysée l’étude de M. Vermot-Gauchy sur la planification à long terme et les besoins en personnels qualifiés jusqu’en 1975. M. Jean Fourastié, qui préside au Plan la Commission de la Main-d’œuvre (à l’appellation un peu archaïque puisque c’est de toute la population active qu’il est question), a essayé une autre approche. Prenant lui aussi l’année 1975 comme point de mire, il présente ici une nouvelle étude, d’un intérêt considérable, tout en annonçant des travaux plus étendus sur le sujet.