Influence de certaines maladies sur la fécondité. Un exemple africain

par Anne Retel-Laurentin  Du même auteur

Résumé

L’influence de l’état sanitaire sur la fécondité a déjà préoccupé les chercheurs; mais comme les difficultés d’observation ont empêché de poursuivre l’investigation jusqu’à l’individu, on a pu se demander si telle fécondité, jugée faible, n’avait pas d’autres causes qu’un mauvais état sanitaire; après tout, celui des Européens du passé n’était guère satisfaisant, suivant nos normes, leur fécondité était néanmoins forte. Certes, la comparaison de populations voisines, de même mode de vie, peut donner de fortes présomptions; J. Hurault en a présenté dans Population un bon exemple relatif à la Guyane; mais des conditions aussi favorables à une comparaison ne se rencontrent qu’exceptionnellement et il reste indispensable d’observer à la fois l’état sanitaire et la fécondité des couples ou, au moins, des femmes. Ce travail ne peut être réalisé que par une équipe, ou par un médecin qui soit en même temps ethnologue et démographe; cet ensemble de qualités a permis à Madame le Docteur Retel-Laurentin, chargée de recherches au C.N.R.S. (section ethnologie), d’obtenir les importants résultats quelle présente dans cet article; elle ouvre ainsi la voie à bien des recherches. Elle apporte aussi une contribution au problème complexe posé par la différence générale de densité et de vitalité démographique entre le continent africain ou du moins l’Afrique noire et le continent asiatique.