Sur les relations entre la croissance de la population et le développement économique

par H. V. Muhsam  Du même auteur

Résumé

Les relations entre la croissance de la population et l’évolution économique (en particulier celle du niveau de vie) ont depuis longtemps soulevé de vives controverses et donné lieu à des théories divergentes, sinon opposées. Les recherches actuelles sont surtout orientées en vue de l’application aux pays en voie de développement, lesquels connaissent presque tous une croissance très rapide de la population. Nombreuses sont les personnes qui concluent, dans ce cas, à une relation inverse entre croissance démographique et croissance du revenu national par habitant. La prise en considération des investissements démographiques est l’argument le plus souvent utilisé pour parvenir à cette conclusion. Sous une forme plus souple et moins profondément pessimiste, la théorie de « la souricière » de Nelson montre aussi les difficultés rencontrées par un pays hors d’état de sortir du cycle de la misère et de la prolifération. Cependant, l’économiste S. Kuznets aux États-Unis a critiqué ces deux théories, en particulier au Congrès mondial de la population à Belgrade en i 965. M. H. V. Muhsam, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, reprend ici les arguments des uns et des autres. Critiquant à son tour les positions de Kuznets, il fait ressortir les difficultés, même purement théoriques, d’une question fort complexe. Précisons que, dans les modèles économiques analysés ici, en dehors de tout aspect sociologique, il s’agit toujours de la croissance de la population globale, sans prise en considération de la population par âge et des changements de cette composition, à la faveur d’un changement de fécondité. Il s’agit donc, dans l’hypothèse, depopulations stables ou quasi stables, bien que l’expression ne soit pas mentionnée.