Les internements psychiatriques en Norvège

par Marlène Festy  Du même auteur

Résumé

Festy Marlène. — Les internements psychiatriques en Norvège. L’analyse démographique est susceptible de multiples applications dont un exemple est ici donné avec l’étude des internements psychiatriques en Norvège. De 1935 à 1977, la croissance des admissions dans les hôpitaux psychiatriques a été trois fois et demi plus importante que celle de la population norvégienne. Cependant la distinction entre premières admissions et réadmissions montre que durant cette période, l’incidence des maladies mentales est passée de 2,3 à 4,1 chez les hommes et de 2,2 à 3,5 % chez les femmes, la hausse s’étant d’ailleurs produite à partir de 1955. Aujourd’hui 2/3 des internés retournent à l’hôpital après leur sortie contre 43 % seulement en 1935. Le processus médical s’est accéléré : les premières admissions se font de plus en plus jeune, la durée des séjours est de plus en plus brève et de plus en plus court l’intervalle qui sépare la sortie de la réadmission. Cette accélération se retrouve dans toutes les formes de maladies mentales, mais la durée du traitement reste plus forte chez les schizophrènes que chez les névrosés, alors que le nombre de diagnostics psychotiques diminue.