Activité féminine et structures familiales. Quelle dépendance ?

par Jacques Véron  Du même auteur

Résumé

Véron Jacques.— Activité féminine et structures familiales. Quelle dépendance ? De la hiérarchie des taux d’activité des femmes selon la situation familiale, de la moindre fécondité des femmes actives ou de la simultanéité entre transformation des structures familiales et explosion de l’activité féminine, est fréquemment inférée une relation de dépendance entre comportements sur le marché du travail et attitudes à l’égard du mariage ou de la famille. L’utilisation de données françaises conduit à nier l’existence d’une telle relation. Les recensements de 1962 et 1982 encadrent en France une période de changements remarquables : baisse de la nuptialité et de la fécondité; hausse de la divortialité d’une part, croissance de l’activité et disparition du « cycle traditionnel » d’activité d’autre part. Aucune relation de dépendance stricte ne peut être établie entre ces deux ordres de phénomènes. Le recours à une structure type montre qu’en l’absence de changements familiaux, les femmes auraient été, aujourd’hui, presque aussi souvent actives. Un modèle élémentaire de transferts (fictifs) entre sous-populations (des femmes mariées, fécondes et inactives vers les femmes célibataires, sans enfant et actives, par exemple) prouve qu’il ne saurait exister plus qu’une faible dépendance, quelle qu’en soit le sens, entre changements familiaux et désir accru d’exercer une profession.