Déficit vivrier et structures familiales en Afrique au Sud du Sahara

par Philippe Fargues  Du même auteur

Résumé

Fargues Philippe. – Déficit vivrier et structures familiales en Afrique au Sud du Sahara. Les statistiques internationales ne révèlent aucune corrélation entre la croissance de la population et celle de la production alimentaire en Afrique. L’évolution démographique récente a-t-elle pu néanmoins contribuer au déficit vivrier de la dernière décennie ? Dans les systèmes africains de division du travail, l’agriculture vivrière repose sur les femmes, aidées de leurs enfants. Longtemps à dominante masculine, l’exode rural affecte maintenant les femmes et les enfants d’âge scolaire. Il peut entraîner une baisse de production, lorsque la main-d’œuvre ainsi détournée du secteur vivrier n’est pas remplacée par des progrès techniques. Par ailleurs, la migration des campagnes vers les villes a dispersé la famille élargie sans dissoudre la solidarité qui lie ses membres, maintenant répartis entre agriculteurs et non agriculteurs. La circulation non marchande des excédents vivriers des premiers vers les seconds, pourrait avoir concurrencé la production locale destinée au marché.