Révolutions contraceptives au Canada

par Catherine De Guibert-Lantoine  Du même auteur

Résumé

De Guibert-Lantoine Catherine. – Révolutions contraceptives au Canada En quelques décennies, les comportements féconds et contracepteurs de la population canadienne ont été bouleversés. Toutes les provinces ont été touchées, mais le Québec s’est toujours démarqué des autres, non seulement par la prédominance de la francophonie et du catholicisme, mais aussi par la rapidité et la profondeur des changements. Différentes enquêtes réalisées au Canada et au Québec, entre 1968 et 1984, soulignent ces évolutions. La maîtrise de leur fécondité fait maintenant partie intégrante de la vie des couples canadiens qui y ont majoritairement recours dès le début de leur union. Cette diffusion de la contraception s’est accompagnée de profonds changements dans les méthodes utilisées, par le choix de moyens de plus en plus efficaces. Dès le début des années 1960, la pilule a remplacé les méthodes traditionnelles. Les années 70 ont été marquées par le développement massif de la stérilisation qui est devenue rapidement la principale méthode contraceptive, la pilule ne jouant alors qu’un rôle d’espacement des naissances. De telle sorte qu’à l’enquête de 1984, plus du tiers des Canadiennes en âge d’avoir des enfants, contraceptrices ou non, appartenait à un couple chirurgicalement stérile. L’élément le plus important est la précocité croissante du recours à la stérilisation : près de 18 % des enquêtées les plus jeunes en 1984 ont été ligaturées avant 30 ans. Dans ce contexte, la pratique de l’avortement, très variable selon les provinces, semble stabilisée à un niveau modéré. L’avortement a, le plus souvent, un rôle de «palliatif» face à une contraception encore défaillante, chez des femmes jeunes et célibataires. Il reste ainsi un élément marginal de la limitation des naissances au Canada.