Croissance du nombre des isolés en France : vers de nouveaux comportements ?

par Joëlle Gaymu  Du même auteur

      Christiane Delbès  Du même auteur

Résumé

Delbes Christiane, Gaymu Joëlle. – Croissance du nombre des isolés en France : vers de nouveaux comportements ? Après avoir décrit l’hétérogénéité de la population vivant seule, cette étude tente d’analyser les déterminants dé sa croissance. L’accent est mis sur l’influence respective de l’évolution démographique, de la modification des structures matrimoniales et de la progression de l’isolement parmi les non mariés. Jusqu’à 55 ans, le rôle de chacune de ces composantes sur l’isolement a fortement varié selon l’âge, le sexe et la période d’analyse ; par contre aux âges élevés, elles ont agi de façon univoque durant 20 ans. Le facteur démographique (allongement de la vie notamment) et l’accentuation de la tendance à vivre seul des non mariés (liée à l’amélioration des ressources financières, de l’état de santé…) ont joué à la hausse, faisant plus que compenser le recul du veuvage. Ces groupes d’âges ayant les plus forts taux d’isolement, ils ont contribué à expliquer la moitié de l’ensemble de l’augmentation du nombre des isolés. Par ailleurs, et malgré une tendance à l’homogénéisation des contrastes, les proportions de personnes vivant seules restent fortement dépendantes de la localisation géographique. Mais à un moment donné, carte des jeunes et des vieux se différencient nettement, les spécificités territoriales de chacune restant toutefois identiques au fil du temps. Des facteurs différents sont donc à l’origine du tracé de ces cartes. Ils sont passés en revue dans une tentative de prévision de l’évolution future de l’isolement au sein, plus particulièrement, de la population âgée.