Mariage et divorce en Europe de l’Est

Résumé

Sardon Jean-Paul. – Mariage et divorce en Europe de l’Est. L’Europe de l’Est se distingue de l’Europe occidentale par une nuptialité beaucoup plus élevée et une fréquence du divorce également plus forte. La proportion de femmes célibataires à 50 ans y est sensiblement égale à 10 % et n’atteint pas 1 S % pour les générations nées au début des années soixante dans les pays qui ont vu récemment leur nuptialité diminuer (RDA, Hongrie et Yougoslavie). La cohabitation semble donc loin d’être, dans ces pays, une alternative au mariage comme elle l’est dans un certain nombre de pays de l’Ouest, sauf peut-être en RDA. Dans ces trois pays, la baisse des mariages n’est sensible qu’à partir de la génération 1960. Dans d’autres, comme la Bulgarie et la Pologne, on observe, pour les générations les plus récentes (postérieures à 1965), une légère réduction des taux de nuptialité qui laisse présager la fin prochaine de la stabilité de la proportion de célibataires. La fréquence du divorce a doublé dans tous les pays, sauf en Roumanie, Albanie et Yougoslavie, en l’espace d’une vingtaine de promotions. Mais trois pays se signalent particulièrement, tant par leur croissance rapide que par le niveau atteint : Hongrie, RDA et Tchécoslovaquie. Dans ceux-ci, la fréquence du divorce atteint 30 p. 100 alors qu’elle se situe entre 10 et 20 p. 100 partout ailleurs. Parmi ces pays à divortialité faible, seules la Pologne et la Bulgarie connaissent une augmentation sensible du divorce.