Alcool, tabac et mortalité en France depuis 1950. Incidence de la consommation d’alcool et de tabac sur la mortalité

par Alfred Nizard  Du même auteur

      Francisco Muñoz-Pérez  Du même auteur

Résumé

Nizard (Alfred), Munoz-Perez (Francisco). – Alcool, tabac et mortalité en France depuis 1950. Incidence de la consommation d’alcool et de tabac sur la mortalité Dans un précédent article, on a montré que, en 1986, l’alcoolisme a causé en France plus de 40 000 décès et le tabagisme plus de 50 000. Ensemble, ils sont à l’origine – avec les traumatismes – de la plus grande partie de la mortalité avant 65 ans. La diminution de la consommation d’alcool dans les dernières décennies s’est traduite par une baisse considérable de la mortalité par troubles mentaux et par cirrhose, mais cette mortalité reste encore élevée. La consommation de tabac, comme la mortalité liée (notamment le cancer du poumon) a beaucoup augmenté jusque dans les années 1980. Les maladies cardio-vasculaires ont certes très fortement décliné, mais l’écart entre les deux sexes s’est accru. Les causes liées à la double consommation d’alcool et de tabac (cancer des voies aérodigestives supérieures et de l’œsophage) diminuent (sexe masculin) ou ralentissent leur croissance (sexe féminin). La part de la mortalité alcoolique et tabagique dans la mortalité générale a pratiquement doublé de 1952 à 1986, les causes liées (hors traumatismes et maladies cardio-vasculaires) passant de 17% à 34 % des décès, à 35-64 ans, pour le sexe masculin, et de 10 % à 17 % pour le sexe féminin. Sans ce frein, la baisse de la mortalité générale aurait été deux fois plus importante chez l’homme et majorée d’un cinquième chez la femme. L’augmentation de la surmortalité masculine générale à 35-64 ans (2,6 en 1986 contre 1,8 en 1952) est imputable au tabagisme et secondairement à l’alcoolisme.