Méthodologie du recensement

Les écarts d’estimation de la population active française au recensement et à l’enquête annuelle sur l’emploi. D’où viennent les divergences?

par Dominique Rouault-Galdo  Du même auteur

Résumé

Rouault-Galdo (Dominique). – Les écarts d’estimation de la population active française au recensement de mars 1990 et à l’enquête annuelle sur l’emploi de janvier 1990 : d’où viennent les divergences ? Les évaluations’ de la population active française publiées par l’INSEE à partir de l’enquête annuelle sur l’emploi de janvier 1990 et du recensement général de la population de mars 1990 divergent notablement. Après prise en compte des différences de champ et de date de collecte, et surtout de concept mesuré, l’aléa de sondage de l’enquête ne suffit pas à rendre compte de l’écart mesuré sur la population au chômage. Un rapprochement des enregistrements du questionnaire de l’enquête et du bulletin individuel du recensement affecte de façon importante le codage du type d’activité sur les répondants à l’enquête, le recensement (dans son exploitation exhaustive) produisant 50 000 actifs occupés et 170 000 chômeurs en plus, et en revanche 210 000 inactifs en moins que l’enquête emploi, à champ, date et concept équivalents. Sur le bulletin du recensement, davantage de personnes se classent spontanément chômeurs, davantage surtout indiquent explicitement rechercher un emploi, qu’elles ne font en présence de l’enquêteur. Ainsi 295 000 personnes indiquant une ancienneté de recherche d’emploi supérieure à 3 mois en mars-avril 1990, avaient déclaré ne pas rechercher d’emploi en janvier. Ce sont les populations démunies vis-à-vis du marché du travail qui sont les moins enclines à faire état d’une recherche ou attente d’emploi dans la situation d’enquêté, et tout particulièrement les femmes d’âge moyen disposant d’un faible bagage scolaire.