Méthodologie du recensement

Les immigrés au recensement de 1990 et les populations liées à leur installation en France

par Michèle Tribalat  Du même auteur

Résumé

Tribalat (Michèle). – Les immigrés et les populations liées à leur installation en France au recensement de 1990 L’apport direct de l’immigration étrangère en France se compose de personnes nées étrangères à l’étranger, quelle que soit leur nationalité actuelle. Le recensement permet de repérer cet ensemble de manière satisfaisante. Se limiter à l’étude de la population étrangère donne une vue biaisée de l’importance des différents courants migratoires, de leur poids relatif et des comportements des immigrés. Elle aboutit notamment à grossir le poids de l’Afrique au détriment de l’Europe. En effet, environ 1/3 des immigrés sont devenus français. Pour certains courants anciens, cette proportion peut être très élevée (autour de 70 % pour les immigrés de Pologne ou de Russie). Par ailleurs, la population immigrée n’étant alimentée que par le flux d’immigration, son tarissement se marque par un vieillissement et une extinction beaucoup plus rapides. Sur la dernière période intercensitaire par exemple, la proportion de moins de 20 ans chez les immigrés du Portugal est passée de 20 % à 5 %. Le recensement permet également, en exploitant les données sur les populations des ménages à chef immigré, de mieux cerner l’importance des populations liées à l’installation d’étrangers sur le sol français, et notamment celle des jeunes. Ainsi 14 % des jeunes âgés de 0-16 ans vivent-ils dans une famille à chef immigré. Le jeu des concentrations locales fait monter cette proportion jusqu’à 38 % en Seine-Daint-Denis.