Le repli des anciens sur les loisirs domestiques. Effet d’âge ou de génération ?

par Joëlle Gaymu  Du même auteur

      Christiane Delbès  Du même auteur

Résumé

Delbès (Christiane), Gaymu (Joëlle). – Le repli des anciens sur les loisirs domestiques : effet d’âge ou de génération ? D’une manière générale, ces 15 dernières années ont été marquées par une intensification des pratiques de loisir, les personnes âgées de 60 ans et plus ayant profité plus que les autres classes d’âge de cet essor. Malgré cette évolution, elles restent d’une part, bien souvent en retrait, ce qui peut sembler paradoxal vu la durée de leur temps libre, et d’autre part, préfèrent les activités pouvant être exercées à domicile. Mais, est-ce vraiment à l’âge que doivent être attribuées ces pratiques ? N’est-ce pas plutôt le résultat d’un effet de génération ? Effectivement, à l’âge où se prennent les habitudes les anciens d’aujourd’hui consacraient l’essentiel de leur temps aux activités de production. Par ailleurs, l’intégration aux loisirs étant éminemment liée au cursus scolaire et à la localisation géographique, les personnes âgées cumulent les handicaps. De fait, si l’on suit des individus au fur et à mesure qu’ils vieillissent, on constate que l’avance en âge ne provoque pas un désengagement aussi fort que l’étude des pratiques culturelles, une année donnée, nous l’avait laissé supposer : dans l’ensemble, les retraités gardent à 70 ans les goûts et les préférences en matière de culture et de loisirs qu’ils avaient 15 ans plus tôt. Si donc les aînés sont moins présents dans de nombreux domaines, c’est aussi et parfois surtout parce qu’ils appartiennent à des générations différentes et, si «on vieillit comme on a vécu» demain, plus encore qu’aujourd’hui, les personnes âgées participeront activement au monde des loisirs.