Les espérances de vie appliquées à des statuts spécifiques : historique des indicateurs et des méthodes de calcul

par Nicolas Brouard  Du même auteur

      Jean-Marie Robine  Du même auteur

      Emmanuelle Cambois  Du même auteur

Résumé

Cambois (Emmanuelle), Robině (Jean-Marie), Brouard (Nicolas).- Les espérances de vie appliquées à des statuts spécifiques : historique des indicateurs et des méthodes de calcul Les indicateurs d’espérance de vie appliquée à des statuts spécifiques, tels que l’état de santé ou le statut professionnel, sont apparus dès la fin des années trente et connaissent un regain d’intérêt. Parce qu’elles associent la mortalité à des domaines divers (santé, activité professionnelle …), les espérances de vie appliquées tiennent compte simultanément de la dynamique démographique d’une population et de l’évolution de ses caractéristiques fonctionnelles. Nous présentons ici une revue historique des méthodes de calculs et des indicateurs qui en ont résulté, afin d’en étudier les tenants et aboutissants. On regroupe ces méthodes au sein de trois familles : les méthodes des tables à prévalence observée, les méthodes des tables à sortie multiple et les méthodes des tables à « entrées et sorties ». Chacune d’elles a ses spécificités, atouts et points faibles. Le choix de la méthode dépend des objectifs visés et des données disponibles. Les données d’enquêtes longitudinales -dites « de flux » — permettent la construction de tables à sortie multiple ou à entrées et sorties, précises mais basées sur une méthodologie complexe. Les données d’enquêtes transversales -dites «de stock»-, contraignent à l’utilisation des méthodes des tables à prévalence observée, basées sur une méthodologie simple et robuste mais comportant un biais. L’arbitrage entre les méthodes revient à mettre en balance l’accessibilité méthodologique de l’indicateur et l’ampleur de l’erreur encourue, en fonction des objectifs d’étude.