Les frères Huygens et le «calcul des aages» : l’argument du pari équitable

par J. Véron  Du même auteur

      J.-M. Rohrbasser  Du même auteur

Résumé

Il serait sûrement abusif de compter des savants comme Halley, Huygens, ou Leibniz, au nombre des premiers démographes. La discipline n’existait pas encore, et ce sont d’autres préoccupations qui les ont conduits à s’intéresser au calcul des durées de vie. Il y avait d’abord la demande actuarielle : des systèmes « d’assurance vie » se mettaient en place, et leur fonctionnement supposait de connaître les risques de décès à chaque âge et de les combiner entre eux. Les plus mathématiciens y voyaient aussi une occasion intéressante de développer les notions et les calculs de probabilités ; les échanges entre les frères Huygens, en 1669, se situent dans ce cadre, et ils sont analysés ici par Jean-Marc Rohrbasser et Jacques Véron. Ce sont finalement les notions d’espérance de vie (durée de vie moyenne) et de « vie probable » (espérance de vie médiane) qui se trouvent définies. Malheureusement, ces travaux resteront inédits, tout comme ceux de Leibniz sur le même sujet quelques années plus tard.