Pays ruraux et découpage de l’espace : les réseaux migratoires dans la région lilloise au milieu du XIXe siècle ?

par P.-A. Rosental  Du même auteur

      C. Lemercier  Du même auteur

Résumé

Lemercier Claire, Rosental Paul-André.-«Pays» ruraux et découpage de l’espace : les réseaux migratoires dans la région lilloise au milieu du XIXe siècle La mobilité rurale dans la France du XIXe siècle est encore relativement mal connue. Par comparaison à l’exode rural, elle est souvent ramenée à une simple «micro-mobilité». À partir de l’exemple d’un haut lieu de l’urbanisation, le bassin de la future métropole Lille- Roubaix-Tourcoing saisi autour de 1850, on peut au contraire montrer, par une analyse structurale de réseaux appliquée aux relations entre villages, l’importance des champs migratoires locaux. Contrairement aux prévisions des modèles gravitaires, le monde rural est fait de groupes de communes unies par des liens denses. Ils partitionnent l’espace sans aller jusqu’à former des « pays » (au sens de la géographie) ou des « cliques » (au sens de l’analyse des réseaux). Leur compacité est du reste hétérogène, mettant en lumière le caractère différencié de la morphologie spatiale. Les résultats, obtenus sur la base de la méthode des bloc- kmodels, montrent l’importance de la frontière linguistique qui oppose les migrations intérieures des Flamands et des francophones, éclairent la formation des faubourgs et banlieues des grandes villes, situent la place relative de la sédentarité et des migrations de plus ou moins longue distance et réévaluent le rôle du réseau urbain dans la mobilité.