Politiques familiales et politiques publiques dans les pays à faible fécondité

Fécondité, calendrier des naissances et milieu social en France et en Grande-Bretagne

Politiques sociales et polarisation socioprofessionnelle

par Olivia Ekert-Jaffé  Du même auteur

      Heather Joshi  Du même auteur

      Kevin Lynch  Du même auteur

      Rémi Mougin  Du même auteur

      Michael Rendall  Du même auteur

Résumé

La comparaison de l’agrandissement des familles et du calendrier des naissances entre la France et la Grande-Bretagne renvoie à l’influence de la politique familiale et des conditions économiques sur les comportements démographiques. Cet article s’appuie sur des données issues du Longitudinal Study pour l’Angleterre et le pays de Galles et de l’échantillon démographique permanent (EDP) pour la France, qui relient les bulletins de naissance aux recensements réalisés sur les périodes 1971-1991 et 1968-1990 respectivement. Sur la période étudiée, qui va des années 1970 aux années 1990, en Grande-Bretagne, l’intervention de l’État est réduite au minimum alors que la France a mis en place une politique de la famille généreuse. Parallèlement, la polarisation sociale des comportements de fécondité est plus forte en Angleterre et au pays de Galles, et les différences de fécondité entre les femmes qui quittent le marché du travail et celles qui continuent à travailler sont importantes. En France, les différences sociales ne s’observent que pour les troisièmes naissances, même s’il existe déjà une relation entre les probabilités d’agrandissement de rang deux et la sortie du marché du travail. De plus, la quasi-totalité des femmes cadres mariées deviennent mères, ce qui n’est pas le cas pour un quart de leurs homologues anglaises. Outre-Manche, la fécondité des inactives et des catégories les moins qualifiées est plus élevée pour tous les rangs de naissance. En France, la politique familiale tend à augmenter les troisièmes naissances également pour ces catégories.
La comparaison des femmes nées dans les années 1950 et 1960 montre que le retard du mariage et de la fécondité, sensible dans les deux pays, a été plus marqué en France. Pour les femmes mariées, les changements sont cependant peu importants. Toutes choses égales par ailleurs, les différences entre catégories s’estompent en France, ce qui n’est pas le cas en Angleterre et au pays de Galles.