Politiques familiales et politiques publiques dans les pays à faible fécondité

Pour le meilleur ou pour le pire ?

Le mariage comme moyen d'échapper à la pauvreté aux États-Unis

par Wendy Sigle-Rushton  Du même auteur

      Sara McLanahan  Du même auteur

Résumé

Pour de nombreux responsables politiques conservateurs américains, bien que les États aient réussi, moyennant de profondes réformes, à ramener vers le travail salarié les mères de famille qui vivaient de l’aide sociale, ils ont négligé une stratégie anti-pauvreté radicale : encourager la formation de familles biparentales. En comparant les revenus des familles monoparentales à ceux des familles biparentales, ils soutiennent que le mariage réduit le risque de pauvreté. À partir des données de la Fragile Families and Child Well-being Study, les auteurs montrent que comparer directement les familles formées d’un couple marié aux familles dirigées par un(e) célibataire conduit à une forte surestimation des avantages économiques du mariage. Ils démontrent que les mères célibataires et leurs partenaires sont extrêmement différents des couples de parents mariés en termes d’âge, de niveau d’instruction, d’état de santé, de comportement en matière de santé, d’emploi et de salaire. Ces écarts se traduisent par des différences importantes de revenus, qui, à leur tour, induisent des degrés différents de pauvreté. À structure familiale et durée du travail données, l’analyse des auteurs indique que la plus grande partie des écarts de pauvreté selon le type de famille peut être imputée à d’autres facteurs que la situation matrimoniale. Leurs résultats incitent également à penser que le plein emploi est indispensable pour arracher à la misère les familles pauvres, qu’elles soient ou non formées d’un couple marié.