Comment améliorer la précision des tables de mortalité aux grands âges?

Le cas de la France

par France Meslé  Du même auteur

      Jacques Vallin  Du même auteur

Résumé

Les tables de mortalité calculées de manière classique sur la base des statistiques de décès publiées annuellement et des estimations de population par âge au 1er janvier de chaque année souffrent d’incohérences aux grands âges. Avec la baisse rapide de la mortalité aux âges élevés observée depuis quelques décennies et l’accroissement encore plus rapide de la part des nonagénaires puis des centenaires dans les populations des pays industriels, il est devenu plus important que jamais d’améliorer la précision de la mesure de la mortalité aux grands âges.
Pour y parvenir en ne s’appuyant que sur les données réelles, nous utilisons ici la méthode des générations éteintes en l’adaptant pour la rendre applicable à des générations incomplètement éteintes et reconstituer de façon assez précise la mortalité des années récentes au-delà de 90 ans.
L’évolution depuis le début du siècle de l’espérance de vie à 90, 95 ou 100 ans peut ainsi être suivie avec plus de précision. La comparaison entre les résultats que donnaient jusqu’à présent les calculs plus classiques et ceux de la méthode des générations éteintes montrent que l’on surestimait les espérances de vie à ces âges pour les périodes anciennes, dissimulant ainsi leur croissance spectaculaire durant les trois dernières décennies.