L’échec politique d’une théorie économique : la physiocratie

par Yves Charbit  Du même auteur

Résumé

La physiocratie, le « gouvernement de la nature », qui voit dans l’agriculture la source exclusive de la richesse, est la première théorisation des relations entre économie et population. La place accordée à l’agriculture permet de comprendre la théorie de population : la population est une variable dépendante et diverses implications s’en déduisent quant au luxe, à la liberté du commerce, au système d’imposition, aux armées.
Le « mouvement physiocratique » échoue pourtant à faire prévaloir son système et son échec politique est indissociable de la construction théorique : sa stratégie de développement était peu convaincante au regard d’autres possibilités, en particulier le commerce colonial ; il fut piégé par l’amalgame qui fut fait avec la peur des famines ; il s’enferma dans des contradictions insolubles entre rigueur de la théorie économique et pression des enjeux politiques. D’où son isolement à peu près total.