Paléodémographie et démographie historique en contexte épidémique

La peste en Provence au XVIIIe siècle

par Michel Signoli  Du même auteur

      Isabelle Séguy  Du même auteur

      Jean-Noël Biraben  Du même auteur

      Olivier Dutour  Du même auteur

Résumé

Cet article apporte un éclairage totalement nouveau à l’étude de la peste grâce aux apports de disciplines qui ne se rencontrent que rarement autour d’un même sujet de recherche : anthropologie, archéologie, démographie historique, histoire, microbiologie et paléodémographie. Il confronte deux types de documents : les archives biologiques (les squelettes) et les archives historiques, dont la mise en parallèle a apporté des informations originales et inédites.
La répartition des victimes par sexe, par âge et selon l’intensité de la phase épidémique a pu être établie et comparée à des résultats antérieurs. La répartition des décès par peste selon l’âge diffère des profils de mortalité « naturelle » et de ceux résultant d’autres épidémies ou d’autres crises démographiques. On peut qualifier l’épidémie de peste de « non sélective », l’échantillon bio- ou paléodémographique pouvant être tenu comme un reflet de la structure de la population vivante, cas de figure qui est rarement observé.
Les résultats que nous présentons concernent une période récente pour laquelle les archives historiques sont d’une richesse exceptionnelle, ce qui nous offre une très bonne connaissance des épidémies de peste modernes. Les résultats obtenus en anthropologie de terrain et en microbiologie nous permettent d’envisager des recherches similaires sur des épidémies plus anciennes, même en l’absence de documents écrits.