Notes de recherche

Analyser les inégalités socio-économiques de santé à partir des données du recensement

L'exemple de la grande prématurité à Paris-Petite couronne

par Linda Lasbeur  Du même auteur

      Monique Kaminski  Du même auteur

      Pierre-Yves Ancel  Du même auteur

      Christiane du Mazaubrun  Du même auteur

      Jennifer Zeitlin  Du même auteur

      Jennifer Zeitlin  Du même auteur

Résumé

L’objectif principal est de montrer que l’analyse des caractéristiques démographiques et socio-économiques des quartiers de résidence permet de rendre compte des inégalités sociales en termes de santé. Nous prenons comme exemple la grande prématurité à Paris et en petite couronne en recourant aux données de l’étude Épipage. Lors du recensement de 1999, l’Insee a mis en place un nouveau découpage infra-communal, nommé Iris-2000, que nous utilisons pour déterminer les caractéristiques des quartiers. L’analyse des inégalités sociales est fondée sur une approche en termes de conditions de vie, qui aboutit à calculer un score de privation à partir des données du recensement en utilisant des variables qui captent le mieux les dimensions de la privation. 31 % des mères qui ont accouché prématurément résident dans les quartiers les plus défavorisés (dernier quartile du score de privation) tandis que 21 % résident dans les quartiers les plus favorisés (premier quartile). Ce surcroît de risque correspond à un odds ratio de 1,5. Nos résultats rejoignent ceux de nombreuses études qui ont montré que l’environnement socio-économique a un impact sur le risque d’accouchement prématuré : moins cet environnement est favorable, plus le risque de naissance très prématurée est élevé. De plus, la méthodologie mise en place pourrait être utilisée pour d’autres pathologies et permettrait d’intégrer la surveillance des inégalités socio-spatiales dans les études épidémiologiques.