Qui prendra en charge les Européens âgés dépendants en 2030 ?

par Joëlle Gaymu  Du même auteur

      Peter Ekamper  Du même auteur

      Gijs Beets  Du même auteur

Résumé

Cet article présente les résultats de projections démographiques des modes de vie des personnes dépendantes âgées de 75 ans ou plus, à l’horizon 2030, dans neuf pays européens. Les données nationales ont été collectées dans le cadre du projet Felicie. L’objectif est de décrire comment l’évolution des principales caractéristiques socio-démographiques des personnes âgées (la situation matrimoniale, l’état de santé, avoir ou non un enfant survivant) va changer leurs modes de vie et par-là même les besoins de prise en charge de la dépendance tant dans sa forme que dans son intensité. Les résultats montrent que durant les vingt-cinq prochaines années, quelle que soit l’évolution de l’état de santé, le vivier des aidants familiaux potentiels, composé des conjoints et enfants, va s’élargir et les populations les plus tributaires d’aide professionnelle – personnes vivant seules sans soutien possible de la part d’un descendant ou susceptibles d’entrer en institution – vont croître moins vite que l’ensemble de la population dépendante. Toutefois, le vieillissement de cette population, la croissance de la population masculine confrontée à la dépendance d’une conjointe et la survie plus fréquente de couples dont les deux membres souffrent d’incapacités laissent présager un important surcroît de besoins d’aide d’ordre professionnel. Ces résultats soulignent la nécessité d’orienter prioritairement les politiques de prise en charge de la dépendance vers un soutien aux aidants familiaux.