Du baccalauréat à l’enseignement supérieur en France : déplacement et recomposition des inégalités

par Marie Duru-Bellat  Du même auteur

      Annick Kieffer  Du même auteur

Résumé

La dernière enquête FQP réalisée par l’Insee en 2003 permet d’évaluer les transformations intervenues au niveau de l’enseignement supérieur dans deux groupes de cohortes encadrant la période d’expansion très forte de l’accès au baccalauréat entre 1985 et 1995. Comment cette ouverture a-t-elle affecté les inégalités sociales d’accès et de réussite dans l’enseignement supérieur ? L’indéniable démocratisation du baccalauréat se traduit par une démocratisation plus limitée de l’accès au supérieur. En effet, la première vague de démocratisation s’est traduite par une concentration accrue des nouveaux bacheliers de milieu populaire dans les baccalauréats professionnels ; compte tenu de la force des articulations entre enseignement secondaire et supérieur en France, ce phénomène a induit une limitation des possibilités d’orientation dans l’enseignement supérieur. En particulier, l’accès aux filières d’élite n’a connu aucune démocratisation parmi les bacheliers, alors que les filières professionnelles courtes et les filières universitaires s’ouvraient. Ceci limite la portée de la démocratisation de l’enseignement à ce niveau en termes de mobilité sociale, puisque de plus en plus, les débouchés ne dépendent pas du niveau de diplôme, mais du type de filière suivie.