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La mortalité des cardinaux (XVIe-XXe siècles)

par Alessio Fornasin  Du même auteur

      Marco Breschi  Du même auteur

      Matteo Manfredini  Du même auteur

Résumé

Cet article étudie les caractéristiques et la mortalité des cardinaux de l’Église catholique du XVIe au XXe siècle. Les cardinaux remplissent un rôle essentiel dans l’église : ils forment le Sacré collège, élisent le pape et l’assistent. Grâce à une base de données remarquable par la précision et la continuité des informations biographiques recueillies depuis le Ve siècle, il est possible d’en analyser certaines spécificités. Durant la période étudiée (1586-1958), ils représentaient un groupe relativement homogène de 70 membres au maximum, résidant à Rome, pour la plupart nés en Italie et issus de l’élite économique. Leur espérance de vie aux XVIIe et XVIIIe siècles ne différait guère de celle des villageois ordinaires, mais l’aspect le plus frappant est qu’à partir des années 1830, elle ne s’est pas améliorée de manière significative, contrairement à la plupart des pays d’Europe. Les particularismes de la mortalité des cardinaux tiennent à des risques associés à leurs comportements et leurs styles de vie. Les périodes lors desquelles on observe les espérances de vie les plus faibles coïncident avec celles qui sont les plus difficiles pour l’Église d’un point de vue politique. Les cardinaux furent néanmoins pénalisés en termes de longévité tout au long des XVIIIe et XIXe siècles, et c’est seulement à partir des années 1930 que leur espérance de vie commença réellement à progresser, se rapprochant de celle de la population générale.

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