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Intentions de fécondité et obstacles à leur réalisation en France et en Italie

Intentions de fécondité et obstacles à leur réalisation en France et en Italie

par Arnaud Régnier-Loilier  Du même auteur

      Daniele Vignoli  Du même auteur

Résumé

Cet article confronte intentions de fécondité et réalisation en France (2005-2008) et en Italie (2003-2007), pays où les modèles de fécondité sont contrastés, en s’appuyant sur des données comparables issues du programme d’enquête longitudinale Generations and Gender Survey (GGS). Quatre principaux résultats ressortent. Le fort pouvoir prédictif des intentions négatives de fécondité et, à l’inverse, le fait que les intentions positives surestiment les comportements sont d’abord mis en évidence. La comparaison met ensuite en lumière une différence importante : la proportion de couples réalisant leurs intentions positives de fécondité est systématiquement plus élevée en France et, lorsqu’ils n’avaient pas l’intention d’avoir un enfant, la proportion de ceux en ayant eu un est également supérieure. Outre l’effet classique de l’âge et du nombre d’enfants, les facteurs socioéconomiques jouent un rôle important, les situations moins favorables apparaissant comme un obstacle à la réalisation des intentions. Les déterminants des intentions ne sont cependant pas tous identiques et il n’existe pas un unique modèle transposable d’un pays à l’autre : le rôle du contexte reste central. Enfin, lorsque les couples n’ont pas réalisé leurs intentions, certains ont reporté leur projet tandis que d’autres y ont renoncé. Les déterminants sont cependant différents selon le pays considéré. La distinction entre renoncement et ajournement, rarement faite dans les études, s’avère de ce point de vue intéressante.