La satisfaction des couples en Suisse face à la répartition des tâches ménagères : une approche longitudinale

par Caroline Henchoz  Du même auteur

      Boris Wernli  Du même auteur

Résumé

Selon l’analyse longitudinale des données du Panel suisse des ménages, le sentiment de satisfaction relative à la répartition des tâches ménagères diminue lorsque les enfants sont mineurs, augmente ensuite pour redescendre au moment du passage à la retraite. Cette évolution en forme de W doit toutefois être nuancée selon les personnes, car le sentiment de satisfaction est une construction genrée et générationnelle, individuelle et interactionnelle. Bien que dans de faibles proportions, la satisfaction des hommes est plus influencée par le nombre d’heures consacrées au travail ménager que celle des femmes. Ainsi, malgré de fortes inégalités, ces dernières se déclarent souvent satisfaites de l’organisation ménagère. La satisfaction féminine dépend de plus de facteurs, notamment des attentes en matière d’égalité qui augmentent avec les générations. Elle est surtout corrélée à l’implication pratique et émotionnelle du partenaire. De manière générale, la satisfaction des hommes et des femmes relative à la répartition des tâches ménagères dépend essentiellement de leur perception de plusieurs aspects de la vie commune qui vont au-delà de la sphère domestique, comme par exemple ce que ressent le conjoint. En ce sens, une pleine appréhension du sentiment de satisfaction nécessite d’intégrer le type de tâches ménagères évaluées, comme c’est souvent le cas, mais aussi le cadre dans lequel elles sont réparties et les personnes concernées.

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