Migrations entre l’Afrique et l’Europe (MAFE) : Réflexions sur la conception et les limites d’une d’enquête multisituée

par Cris Beauchemin  Du même auteur

Résumé

Les migrations subsahariennes sont un sujet paradoxal en Europe : alors qu’elles ne représentent qu’une petite partie de la totalité des flux et des stocks de migrants, elles sont au cœur du débat public. La raison en est peut-être que les migrations africaines sont un phénomène mal compris, pour lequel on dispose de relativement peu de données quantitatives. Dans ce contexte, le projet Migrations entre l’Afrique et l’Europe (MAFE) a été conçu pour recueillir des données quantitatives originales afin de jeter un éclairage nouveau sur les migrations africaines. Cet article présente la méthodologie du projet MAFE dont l’objectif était de produire des données permettant d’analyser les tendances de migration, leurs causes et leurs conséquences au niveau micro. Le projet MAFE s’appuie sur des données comparables, longitudinales (rétrospectives), multiniveaux et multithématiques concernant trois flux migratoires africains (migrants congolais, ghanéens et sénégalais). Les enquêtes suivent une approche multisites, reposant sur des enquêtes menées à la fois dans les pays d’origine et d’accueil. Au-delà du projet MAFE, l’article met en évidence les problèmes classiques de la méthodologie des enquêtes sur les migrations internationales, et préconise une approche plus (auto)critique dans ce domaine de recherche.

Plan de l’article
  • Qui sont les migrants inclus dans les enquêtes MAFE ’
  • Les expériences migratoires enregistrées dans les questionnaires MAFE
  • Des données rétrospectives
  • Des données multithématiques et multiniveaux
  • Les défis de la comparaison dans l’espace et le temps
  • Entre objectifs et compromis
  • Techniques de sélection des échantillons
  • De quoi les données MAFE sont-elles représentatives ’
  • Conclusion : des avancées et des défis à relever