Synthèse sur une question de population

Synthèse sur une question de population

par Olivia Samuel  Du même auteur

      Anne Solaz  Du même auteur

      Laurent Toulemon  Du même auteur

Avec l’article sur « La masculinisation des naissances », la revue inaugure une nouvelle série de chroniques annuelles sous la responsabilité de Dominique Tabutin, consacrées à l’état des connaissances sur une question de population à l’ordre du jour dans le monde. Ces chroniques visent à offrir à une large audience (scientifiques, étudiants, journalistes…) des synthèses regroupant à la fois des données factuelles et les éléments des débats théoriques et politiques. L’article de synthèse permet de comprendre l’histoire de la problématique pour replacer le sujet dans un contexte plus large. Après une description critique des sources d’information et des outils de mesure, un bilan des recherches les plus récentes décrit les tendances du phénomène ainsi que ses disparités sociales et spatiales. Une discussion conduit ensuite à s’interroger sur les implications politiques ou juridiques éventuelles de la situation actuelle et future, ainsi que sur les défis posés pour la recherche. Des annexes statistiques ou méthodologiques pourront compléter ce panorama.

Partant de ce cahier des charges, Christophe Z. Guilmoto inaugure cette nouvelle série en abordant la question du rapport de masculinité à la naissance, dont la constante de l’espèce humaine se situe aux alentours de 105 garçons pour 100 filles. Très tôt les variations de ce rapport, selon les époques, les populations ou les sous-groupes, ont attiré la curiosité des chercheurs. La première estimation précise effectuée par John Graunt date de 1661 (un rapport de 106,8 garçons pour 100 filles parmi les baptêmes à Londres). D’après les estimations des Nations unies, les modifications récentes de ce rapport dans quelques pays du monde très peuplés, comme l’Inde ou la Chine, ont fait passer le nombre de naissances de garçons pour 100 naissances de filles à l’échelle de la planète de 105 en 1975-1979 à 108 en 2005-2009 (World Population Prospects: The 2012 Revision). Les hausses récentes de la proportion de garçons à la naissance s’interprètent comme le résultat de comportements discriminatoires en fonction du sexe, dont l’auteur analyse les mécanismes et les causes, avant d’en discuter les conséquences sociales et politiques.

Autres articles du dossier Synthèse sur une question de population