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Théories de la fécondité : des démographes sous influence ?

par Henri Leridon  Du même auteur

Résumé

L’objectif de cet article est de présenter l’évolution des théories de la fécondité à travers 23 textes fondateurs regroupés dans un manuel (Leridon, 2014, Les théories de la fécondité, Ined). Longtemps, la réflexion sur les comportements de fécondité ne put s’appuyer sur des données statistiques fiables : elle relevait plutôt de la philosophie, de la morale, de la science politique ou de la religion. Il a fallu attendre la naissance des sciences sociales, au xixe siècle, pour que puissent apparaître de véritables théories de la fécondité. Durant cette période, la transition démographique des pays européens et les transformations sociales et économiques qui l’accompagnent induisent de nouveaux comportements démographiques et de ce fait de nouvelles formulations théoriques. Beaucoup de disciplines nouvelles éclairent ces analyses : l’anthropologie, la sociologie, l’économie, la science politique, la psychologie. Paradoxalement, la démographie a tardé à développer des approches théoriques, sans doute parce qu’elle s’est d’abord affirmée comme une science quantitative. Force est alors de constater qu’il n’existe pas aujourd’hui de théorie de la fécondité qui fasse consensus. Ces différentes approches sont présentées à travers une sélection de textes de précurseurs, de théories de disciplines diverses, d’analyses sur la régulation des naissances et des approches de genre.

Plan de l’article
  • Les premières approches de la fécondité
  • Une science quantitative
  • L’apport d’autres disciplines
  • Malthus et ses détracteurs
  • Fécondité et progrès
  • Mesurer la fécondité
  • La prise en compte des facteurs déterminants
  • La modélisation
  • Les apports de l’histoire
  • Les apports de l’anthropologie
  • Le cadre institutionnel et politique
  • Approches microéconomiques
  • Approches socioculturelles et « valeurs »
  • Régulation des naissances et programmes de planification familiale
  • Approches de genre
  • Les autres dimensions
  • La fécondité comme variable endogène
  • Conclusion