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Constitution de la famille et activité des mères

Différences selon le niveau d’éducation en Europe

par Jonas Wood  Du même auteur

      Karel Neels  Du même auteur

      David De Wachter  Du même auteur

      Tine Kil  Du même auteur

      Éric Vilquin  Du même auteur

Résumé

Malgré la hausse de l’activité des mères de famille entre les années 1970 et 2000 en Europe, la présence des femmes sur le marché du travail continue de dépendre beaucoup plus que celle des hommes du processus de constitution de la famille. La littérature sur les différences de taux d’activité des mères en fonction de leur niveau d’instruction repose en grande partie sur des comparaisons transversales. Cet article est l’un des premiers à décomposer ces écarts éducatifs en différences avant la première maternité d’une part, et effets de la fécondité sur l’emploi d’autre part. En exploitant des données longitudinales individuelles françaises, néerlandaises et hongroises (Generations and Gender Survey), cette étude analyse l’activité économique avec des modèles logits à effets combinés, en distinguant emploi à temps partiel et emploi à plein temps. On observe une nette augmentation des taux d’activité des mères de famille avec leur niveau d’instruction qui préexiste avant même la constitution de la famille. Les femmes avec un niveau d’instruction très élevé souhaitent souvent investir dans leur carrière avant de fonder une famille, et elles ont aussi accès, en général, à de meilleures opportunités d’emploi. Les interruptions d’activité après une naissance sont plus fréquentes parmi les femmes les plus instruites. Le travail à temps partiel des mères est moins fortement déterminé par leur activité avant la première naissance, et sa fréquence augmente avec le niveau d’instruction.

Plan de l’article
  • Conclusion