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La préférence pour les fils dans une société de métayers

Composition des fratries selon le sexe et fécondité dans une population italienne prétransitionnelle

par Matteo Manfredini  Du même auteur

      Marco Breschi  Du même auteur

      Alessio Fornasin  Du même auteur

Résumé

Les préférences quant au sexe des enfants et leur lien avec la fécondité ont souvent, voire exclusivement, été étudiées dans des populations transitionnelles ou post-transitionnelles. L’essentiel des études sur le sujet concernent des pays asiatiques, où le patriarcat et la discrimination liée au sexe étaient deux caractéristiques culturelles favorisant une préférence pour les fils. À l’inverse, l’attention s’est très peu focalisée sur les populations prétransitionnelles, dont on considérait que les préférences quant au sexe des enfants étaient satisfaites parce que la taille moyenne des familles complètes y était importante. Mais la société prétransitionnelle des métayers italiens présente les mêmes caractéristiques culturelles que certaines sociétés asiatiques contemporaines : familles patriarcales, fortes inégalités entre les sexes et division stricte des tâches domestiques en fonction du sexe, conduisant à la survalorisation des fils. Cet article analyse la relation entre la répartition par sexe des enfants survivants et la fécondité dans une population de métayers toscans au milieu du xixe siècle, à partir d’une analyse longitudinale des biographies de fécondité des femmes ayant vécu à Casalguidi entre 1819 et 1859.

Plan de l’article
  • Tableau socioéconomique
  • Quelques remarques sur le régime de fécondité
  • Le modèle logistique
  • Les variables
  • Conclusion