Synthèse sur une question de population

Avant-propos

par Olivia Samuel  Du même auteur

      Anne Solaz  Du même auteur

      Laurent Toulemon  Du même auteur

Depuis 2015, la revue publie une chronique annuelle consacrée à l’état des connaissances sur une question de population contemporaine. Ces chroniques visent à offrir des synthèses regroupant à la fois des données factuelles et les éléments des débats théoriques et politiques à une large audience (scientifiques, étudiants, journalistes…). L’article de synthèse permet de comprendre l’histoire de la problématique pour replacer le sujet dans un contexte plus vaste. Après une description critique des sources d’information et des outils de mesure, un bilan des recherches les plus récentes décrit les tendances du phénomène ainsi que ses disparités sociales et spatiales. Une discussion conduit ensuite à s’interroger sur les implications politiques ou juridiques éventuelles de la situation actuelle et future, ainsi que sur les défis pour la recherche.

Après une première chronique de Christophe Z. Guilmoto consacrée à la masculinisation des naissances (n° 2, 2015), puis celle d’Armelle Andro et Marie Lesclingand sur les mutilations génitales féminines (n° 2, 2016), cette nouvelle édition proposée par Dominique Tabutin et Bruno Masquelier aborde une question qui occupe une place d’importance dans les travaux démographiques et les politiques de santé : les tendances et niveaux des inégalités de mortalité de 1990 à 2015 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. L’amélioration globale de la santé au cours des xxe et xxie siècles a profité à toutes les populations, mais de manière inégale selon les pays. Aujourd’hui où en sommes-nous ’ Les progrès médicaux et le développement socioéconomique ont contribué à allonger fortement l’espérance de vie, même dans les régions les plus pauvres, où elle atteint aujourd’hui 61 ans. Une question centrale est de savoir si les progrès accomplis ont bénéficié de manière égale à toutes les populations, aux hommes comme aux femmes, aux plus pauvres comme aux plus riches, aux ruraux comme aux urbains, ou si les inégalités de santé se sont creusées du fait notamment de la persistance d’inégalités sociales et économiques majeures dans un grand nombre de pays et entre les pays. Les auteurs se penchent sur 109 pays à revenu faible ou intermédiaire, qui représentent 80 % de la population mondiale et dans lesquels la transition sanitaire est plus ou moins avancée. En dépit du manque de données pour mesurer précisément les inégalités de santé, notamment à l’âge adulte, les auteurs mettent en évidence des tendances très contrastées d’un pays à l’autre. Ils soulignent la nécessité de développer les travaux de recherche et les politiques publiques pour lutter contre ces inégalités.

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