De la tradition à la personnalisation : redéfinition des normes du mariage en France de 1960 à nos jours

par Florence Maillochon  Du même auteur

Résumé

Le mariage a subi d’importantes transformations en France depuis les années 1960. Dans quelle mesure ces évolutions ont-elles modifié les modes de célébration des noces ’ L’enquête La formanotetion des couples (FC, Ined, 1983-1984) avait montré une simplification des rituels entre les années 1960 et 1980. Trente ans plus tard, l’Étude des parcours individuels et conjugaux (Épic, Ined-Insee, 2013-2014) permet de compléter le tableau. Si les traditions entourant l’institution matrimoniale (cérémonie religieuse, fiançailles, etc.) ont beaucoup décliné, celles régissant certaines dimensions ostentatoires des noces (robe de mariée, grand nombre d’invités, etc.) se maintiennent avec force. Dans le même temps, de nouvelles « traditions » prénuptiales ont été importées ou inventées (demande en mariage, enterrement de vie de célibataire) et s’institutionnalisent rapidement. Dans une société individualiste, où chaque mariage doit être personnalisé, les noces continuent pourtant d’obéir à des figures sociales imposées. La norme du faste et de l’apparat s’impose largement, y compris pour les couples avec enfants ou se remariant, qui convolaient jusqu’alors plutôt discrètement. La diminution des mariages et le développement de nouvelles formes de conjugalité ont eu raison du couple traditionnel, mais pas des rituels traditionnels, au contraire. Les cérémonies du mariage contemporain demeurent ainsi un puissant rappel à l’ordre genré.

Plan de l’article
  • Document A.1. Les données sur le mariage dans l’enquête Épic
  • Document A.2. Analyser l’histoire du mariage à travers les données de La formation des couples (1983-1984) et d’Épic (2013-2014)