Décomposition des flux d’immigration entre départements urbains et ruraux
La note analyse les flux d’immigration de ressortissants de pays tiers en France entre 2000 et 2022, à partir des premiers titres de séjour d’au moins un an. Ces flux mesurent l’accès initial à une autorisation durable de résidence, qu’elle résulte d’une arrivée récente, d’un changement de statut ou d’une régularisation. Ils ne correspondent pas aux entrées physiques sur le territoire, qui ne sont pas observées. En 2022, le flux national atteint 282 957 entrées, un niveau record sur l’ensemble de la période. Après la baisse de 2020 liée aux restrictions sanitaires, la tendance croissante des années 2010 reprend nettement. La quasi-totalité des titres délivrés ont une durée inférieure à dix ans, et les femmes représentent 47,6 % des nouveaux bénéficiaires. Les données révèlent également d’importantes disparités territoriales. La part des entrées dans les départements urbains diminue progressivement, passant de près de 60 % avant 2016 à 55 % en 2022, tandis que les départements ruraux voient leur part progresser jusqu’à près de 15 %. Les motifs d’entrée varient selon le degré d’urbanisation : les motifs familiaux, dominants partout, reculent au fil du temps, tandis que les motifs professionnels, humanitaires et surtout d’études augmentent, notamment dans les zones rurales et intermédiaires. Les départements urbains accueillent proportionnellement davantage d’étudiants, tandis que les zones rurales enregistrent une montée plus forte des motifs professionnels et humanitaires depuis la fin des années 2010.
Mots-clefs
- conjoncture démographique
- immigration
- titres de séjour
- flux migratoires
- espaces urbains et ruraux
- motifs d’entrée